L'Introspection alphabétique s'adresse à tous. C'est une méthode simple et pratique d'analyse de l'inconscient collectif, exprimé par l'Alphabet. Elle se distingue du religieux, qui se demande : "Que suis-je en droit d'espérer ?", et du philosophe qui s'interroge ainsi : "Que puis-je connaître ?", par le fait qu'elle pose la question la plus simple et pourtant ô combien ! la plus essentielle : "Que dois-je faire de ma vie ?" Elle apporte une réponse en donnant un sens. Le but de l'Introspection alphabétique est d'indiquer les conditions d'accès au bonheur, ici et maintenant, pas dans le passé, encore moins dans le futur, mais dans la routine du quotidien. Pour cela, elle analyse les notions, elle utilise des exemples précis, elle éclaire les zones d'ombres, elle rétablit la vérité. Elle étudie ce qui "fait être" et non ce qui "doit être" ou "devrait être". Elle pense que la vie procède plus que du simple jeu des organes, elle est une volonté, un désir d'être vivant. Chacun porte en soi ce désir, cette force, qu'il doit découvrir, maîtriser et développer. Son vœu est de redonner une valeur positive à la quête de l'Ataraxie. État de complète satisfaction qui n'advient qu'en celui qui se connaît parfaitement et sait satisfaire aux tendances naturelles de son être. D'une façon générale, dès que nous réfléchissons à notre vie et au sens que nous voulons lui donner, nous posons le problème de la morale. Quel moyen, pour quel but ? La morale de l'Introspection alphabétique se veut digne d'estime. Son moyen est la remise en question. Elle recherche l'évidence des idées nettes et claires qui entraînent naturellement l'adhésion. Elle combat les préjugés ennemis de la vérité. Elle se place dans la durée de l'élan vital, puissance dynamique que notre instinct pressent autant que notre intelligence comprend. Immense effort pour surmonter les problèmes de la vie et de la destinée. Bref ! la méthode employée, la compilation de pensées, corresponde à la volonté d'aller directement aux faits. Ce sont des réflexions tous azimuts qui rejoignent la réalité quotidienne et les problèmes concrets de la vie. |
Par soi-même en vérité on peut la VIe ! On est né pour être vivant ! |
Une décision importante doit être précédée d'un moment d'absence totale de vouloir par lequel l'individu fait le calme en lui avant de se décider. C'est un travail de concentration qui permet de différencier les données qui sont bonnes de celles qui peuvent nuire. Après avoir pensé le monde, il s'agit maintenant de le construire tel qu’on le souhaite. L'attitude offensive, sans violence, est le premier moment de toute action. "Aller vers" est une attitude fondamentale de l'homme qui fait front. L'agressivité, contrairement à ce que l'on croit communément, est une pulsion positive. Elle est le meilleur remède contre l'angoisse de l'échec. Le tonus vital ainsi dégagé prédispose à entreprendre. On se sent "d'attaque" pour agir, réaliser, créer de grandes choses et les mener à bien. |
Toute réalisation comporte une part de création qui vient de nous-mêmes et une part d'imitation empruntée à un modèle. On croit que seuls certains talents ont accès à la révélation. Leur instinct leur permet de saisir ces moments privilégiés. En fait, ils sont comme tout un chacun influencés par leur culture. Créer, c'est réaliser son idéal intérieur. Cela n'est absolument pas réservé à une minorité ou à une élite. On possède tous un idéal digne d'être exprimé et transformé en oeuvre d'art. Il sommeille en chacun de nous un enfant inventif. Rien ne nous empêche d'essayer, les projets poussent sur les ébauches. Et comme le dit si bien le vieil adage : "C'est en forgeant que l'on devient forgeron !" |
Il suffit de bien juger pour bien faire. Cela permet de fonder ses actes sur la vérité. Pour juger objectivement, il faut d'abord douter. Le doute méthodique est un style de pensée qui doit régir toute recherche de la vérité. Il fait reposer le jugement sur la raison et elle seule. Dans l'absence de connaissances certaines, on doit simplement refuser d'affirmer ou de nier. Il faut écouter l'opinion puis s'informer sur le bien-fondé de l'opinion contraire ou opposée pour connaître par synthèse et déduction la vérité sur une chose, un acte ou une personne. Le doute n'est pas seulement une manière de comprendre et de connaître, mais il est surtout une manière d'être. De là se dégagent les idées claires, nettes et authentiques. Ainsi, tout esprit bien conduit parvient à la connaissance de la vérité. |
C'est sans aucun doute un grand avantage d'avoir de l'esprit, du courage, de la naissance, du bon sens, du talent, du génie. Mais, pour réussir, ce sont des choses vaines si on ne peut avoir, pour les faire valoir, des parrains ou des marraines. Avoir des idées nouvelles ne suffit pas, il faut surtout qu'elles plaisent à ceux qui ont le pouvoir de les transformer en objets de consommation à la mode. |
Il faut juger ce qu'aujourd'hui nous sommes à partir de l'avenir, au lieu de faire l'inverse qui est la démarche courante et qui consiste à décider de l'avenir d'après ce que nous sommes aujourd'hui. Si on imagine l'avenir en tenant compte du présent, on a tout à redouter d'un futur basé sur un présent ennuyeux et un passé décourageant. Par contre, si on a une attitude de recul par rapport au présent en vue d'un avenir meilleur, alors le présent nous électrise et le passé nous encourage. Ce point de vue original découvert par l'Ataraxie nous permet dès maintenant, sans perdre une seule seconde et sans attendre demain ou après demain, de construire un avenir qui est déjà le nôtre. Le présent étant le passé du futur, seul le présent heureux peut assurer un avenir radieux. Il n’est jamais trop tard pour commencer à vivre ses passions et ses ambitions. |
Se divertir, c'est faire "diversion". Sortir, ne serait-ce que momentanément, de la triste et ennuyeuse routine est psychologiquement nécessaire. Il existe en chacun de nous, un besoin naturel de loisir : jeu, lecture, écriture, exercice physique, sport, peinture, musique, danse, détente, etc. Il s'agit d'une activité libre et sans fin utile, mais très efficace pour laisser s'exprimer les possibilités de la personnalité qui ne peuvent pas se réaliser dans le quotidien d'une vie réglée par le travail indispensable, mais considéré comme imposé. Le loisir n'est pas forcément le repos. Il peut, tout au contraire, être le moment où l'esprit acquiert enfin du temps pour l'activité créatrice de l'épanouissement artistique. Détourner l'attention représente le meilleur moyen pratique et infaillible d'éviter certains troubles tels que l'irritabilité ou l'émotivité excessives. |
L'environnement physique, social, intellectuel et moral où nous vivons influence le développement de notre personnalité. Un des soucis de l'Ataraxie porte sur la constitution d'un milieu où chacun peut s'épanouir et réaliser librement ses possibilités. Le milieu est le résultat de la volonté de l'ensemble des personnes qui le constitue. Il est créé par notre comportement et notre détermination à vouloir cohabiter en harmonie avec notre entourage. Chacun de nous façonne l'ambiance dans laquelle il vit et fait vivre les autres. Le mensonge, l'indifférence, le mépris, la haine, la jalousie, l'esprit de vengeance créent une atmosphère tendue, violente, irrespirable. Aucune communication n'est possible, chacun vit replié sur ses problèmes et ses angoisses, dans la douleur et la peine, sans pouvoir se libérer. Un bon cadre de vie commence par la prise de conscience de notre propre responsabilité. La politesse, l’amabilité, la courtoisie, le respect, l'écoute, doivent venir de nous. Seulement en retour on est en droit de l'attendre des autres. Notre comportement sincère et vrai est la source d'une relation sociale détendue et agréable. Sourire aux autres fait du bien, plus tard nos rides seront bien placées. |
Une bonne relation humaine implique la volonté de converser librement avec autrui pour le comprendre au lieu de chercher à s'opposer à lui, à vouloir le maîtriser, le dominer. Il faut offrir les paroles qui sont bonnes et qui font du bien. Le langage est le meilleur moyen de communiquer, de faire et de recevoir des confidences. Il respecte intégralement la personnalité. C'est l'action d'une liberté sur une autre liberté. Il s'oppose à la violence aussi bien qu'à l'indifférence et l'insensibilité. Le dialogue est une rencontre sociale. Il satisfait la tendance naturelle de l'être, se raconter pour se libérer. Il donne la joie la plus pure et souvent la plus forte, car la plus primitive à celui qui sait dire les mots qui produisent du plaisir et du bien-être. Le dialogue est la saveur même de la vie. Il procure le bonheur d'exister. Il se libère de l'émotion au contact verbal de l'autre. |
La peur de l'avenir, c'est ce que l'on a inventé de pire pour gâcher l'instant présent. L'avenir est intimement lié au présent, car il se crée perpétuellement au fur et à mesure de nos libres décisions. Le fatalisme est une attitude qui considère que tout est irrévocablement fixé à l'avance. Cette idée est une grossière erreur, car elle explique une action par sa fin. Elle prend le problème à l'envers. Le fataliste va vers l'avenir à reculons. Par contre, le déterminisme qui traite du devenir d'une action ou d'un événement est un principe scientifique. On peut, par la connaissance des lois de la nature, prévoir et prévenir. Le fatalisme est une pensée négative, elle s'oppose à la liberté humaine, elle est un argument d'impuissant, de paresseux et d’apathique. Le déterminisme tout au contraire respecte le libre arbitre. Le destin est présent dans l'action, il laisse une place à l'initiative et à la volonté. Sans elle, il n'aurait pas existé ou il aurait été tout autre. Il n'est pas le résultat du pur hasard, mais la conséquence d'un acte volontaire et libre. L'avenir n'est interdit à personne. |
Lorsque l'on est trop protégé ou contrôlé mentalement, on subit un dirigisme psychologique. Cela peut être grave si l'on croit n'importe quoi et que l'on a foi en n'importe qui. Admettre pour preuve précisément ce qu'il faudrait prouver est l'exemple type du cercle vicieux qui peut déclencher un conflit inconscient aux conséquences douloureuses lorsque l'esprit prend soudain la mesure de sa propre contradiction. La révélation du mensonge peut provoquer une émotion violente accompagnée de bouleversements psychologiques et d'un fort sentiment de "nullité". L'Ataraxie conseille d'avoir recours à la méditation, sans toutefois aller jusqu'à la contemplation. L'expérience profonde du repos en faisant le vide en soi "décongestionne" l'esprit. Cela permet de faire des miracles en nous-mêmes, de reprendre confiance en soi. Il faut d'abord comprendre avant d'expliquer. La compréhension relève du sentiment alors que l'explication relève de la raison. Il faut se connaître avant de pouvoir se réaliser. |
L'Ataraxie, qui est une morale utile, se pose la question de la nature de l'homme : "qui sommes-nous ?", et "où va-t-on ?" Cela recouvre deux questions fondamentales. "Quel est notre vrai caractère ?", et "quelle est notre destination ?" Pour bien comprendre notre comportement, il faut savoir que l'on possède tous trois caractères : celui que l'on a, celui que l'on montre et celui que l'on croit avoir. De plus, notre attitude change en fonction de l'environnement auquel on est confronté. On agit différemment en groupe ou prit isolément. Notre comportement "social" n'est pas le même que notre comportement "domestique". À défaut de pouvoir s'expliquer, on peut toujours essayer de s'admettre tel que l'on est : un être vivant doué de raison et très compliqué. Notre destination est une question morale. Doit-on agir par devoir ou par vocation ? Seule, l'expérience de la vie peut nous guider. Le "choc" des erreurs nous fait prendre conscience de nos fausses orientations. La destination véritable de notre vie nous apparaît peu à peu au fil du temps et de nos mauvais choix. La morale authentique est moins à connaître qu'à réaliser. C'est en explorant ses limites et ses possibilités que l'on parcourt sa voie et que l'on atteint le but qui nous est destiné. Il est bon, de temps en temps, de faire une auto-analyse. C'est-à-dire de pratiquer une sorte d'inventaire de soi-même et de son action. Non pour démontrer, mais pour vérifier si l'on fait bien. L'homme est libre et donc rebelle à toute norme. Seule notre conscience, c'est-à-dire le sentiment qui juge nos actes, peut nous révéler la vérité. |
La famille constitue le noyau de toute société. L'ensemble des personnes issues du même sang appartient au même "clan". Le "clan" idéal, ou grande famille rassemble des individus vivant en commun, sous l'autorité d'un chef. Parfaitement intégré, chacun fait abstraction de ses désirs personnels et possède un attachement passionné au groupe. Les liens sont d'autant plus forts qu'ils sont sentimentaux. La vie communautaire, idéale en théorie, se heurte souvent à la pratique. La mise en commun de tous les biens et l'absence de vie privée n'est pas supportable par tout un chacun. Il faut un haut degré de culture et une longue initiation pour pratiquer des relations interpersonnelles harmonieuses. Le sort fait les parents, le choix fait les amis. Le groupe d'amis reste la forme de "clan" le plus souhaitable, car la plus facile à vivre. L'amitié, ce n'est pas se regarder l'un en face de l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction, sans ruse et sans détour, sans crainte et sans mensonge. Sincère et véridique, un ami est toujours prompt à nous censurer. Un ami fait toujours plaisir si ce n'est pas quand il arrive, c'est quand il part. L'amitié a besoin de liberté pour exister. |
Poussé par l'Ataraxie, Un autre soi-même fuit, Dans le vol du songe d'autrui, Le besoin d'un ami. |
C'est seulement lorsque l'individu se donne à lui-même une loi qu'il agit moralement. Lorsque la règle lui est imposée du dehors, il ne fait qu'obéir bêtement. La liberté consiste non pas à faire ce que l'on veut, mais à suivre la conduite droite que l'on a choisie volontairement selon son libre arbitre. C'est une attitude fondée sur le refus systématique de tout principe imposé et sur l'affirmation qu'il n'existe rien de supérieur aux valeurs librement acceptées. Pour voir clair, il faut détruire tout ce qui aveugle sans distinction. Il faut, sans hésitation, se libérer de toute passion dont nous ignorons si l'objet qui la cause est bon ou mauvais. On doit être capable d'avoir un point de vue objectif, délesté de tous préjugés. Il ne faut pas se contenter de décrire les choses du dehors, il faut surtout les comprendre du dedans. Il ne faut pas ramener la réalité des choses aux seules apparence que nous en avons. L'être n'est pas seulement l'être perçu, il est bien plus que cela. Il faut utiliser son bon sens et suivre son idée directrice. L'intelligence met de l’ordre, elle est capable de créer sa morale. |
Il ne faut pas confondre habitude et routine. La routine est le côté négatif de l'habitude. Un esprit routinier est incapable de la moindre initiative, il pense toujours de la même manière. Par contre, une habitude nécessite un peu de volonté de la part de l'individu. On ne s'habitue jamais totalement à une chose désagréable ou contraire à nos principes. Les effets de l'habitude sont positifs pour la réussite. Elle permet de réaliser un travail avec moins d'effort et une plus grande performance. Les coutumes et traditions des sociétés ne sont rien d'autre que des habitudes institutionnalisées. L'habitude est un excellent moyen de canaliser nos désirs naturels. C'est une seconde nature qui se superpose à la première pour la diriger vers un plus grand épanouissement. L'habitude du doute, de la méfiance, de la curiosité, de la mise en question, engendre un esprit critique et authentique. |
L'ambition a quelque chose de comique. C'est un monde à géométrie variable où les quadrilatères se prennent pour des cubes, les ronds pour des sphères, les portions pour des lignes droites. Heureux l'arriviste qui ne pleure jamais, n’excuse rien, sait condamner, savoure en solitaire, n'est pas tourmenté par sa conscience. Il joue un match où les escrocs sont prévus dans la règle. À lui va l'admiration de la société. Mais, en fin de compte, c'est la solitude qui l'attend. Car au royaume des puissants, la cruauté pousse vite et fort. Un ambitieux en chasse toujours un autre, comme la mauvaise herbe qui ne pense qu'à s'étaler, s'accroître. C'est un monde où personne n'est tranquille. Tous aspirent à s'élargir, à séduire, à servir ou à nuire. Un homme n'est pas malheureux parce qu'il a de l'ambition, mais parce qu'il en est dévoré. Il faut juste un peu d'ambition pour prendre part aux choses de la vie et trouver sa place dans la société. Comme l'arbre, nous ne devons viser qu'à grandir, et comme lui, nous n'y parvenons qu'en nous approfondissant. Des racines viennent les fruits que l'on doit trouver dans les branches. |
La vanité est circulaire, Le mensonge horizontal, La vérité verticale. |
On a soif d'idéal, c'est un objectif motivant, stimulant. L'idéaliste recherche la perfection, le modèle impeccable. Il est tout à fait conscient que son désir reste un but inaccessible, car la perfection n'existe pas. Aller vers le meilleur est un guide, un fil conducteur qui donne un sens positif à la vie. Par contre, le perfectionniste demeure un insatisfait chronique. Il ne voit que les défauts et le mauvais côté des choses. Il réagit davantage au sentiment qu’à une attitude mûrement réfléchie. Le toujours plus, toujours mieux étant l'ennemi du bien, il s'use sur les ébauches de projets et perd son temps et son énergie. À trop en vouloir, on n'obtient rien. Du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas. Le même qui sépare l'idéaliste du perfectionniste. |
Il faut s'opposer à l'individualisme fanatique comme à l'étatisme politique qui sacrifie l'individu à la raison d'État. Par la tolérance et la solidarité, l'homme peut parvenir à créer une société organisée, mais libre. Débarrassées des luttes et des rivalités, toutes les énergies peuvent enfin se consacrer au progrès technique dans le but de vaincre définitivement la faim, le froid et les maladies. L'Ataraxie est la morale qui reconnaît à l'homme la valeur suprême. Elle milite pour une "humanité vivante". Elle a pour objectif, le développement du bien-être matériel dans le respect de la dignité de la personne humaine, et dans le respect de la nature : la faune comme la flore. |
Dans tout ce que l'on entreprend, il faut donner deux tiers à la raison et laisser l'autre tiers au hasard. Si on augmente la première fraction, on fait preuve de timidité. Si on augmente la seconde, on est téméraire. Qui veut pouvoir doit oser. Le hasard ne sert que l'homme fort. Dans une certaine mesure, toute réussite n'est qu'une question de chance. La bonne fortune arrive que si la combinaison des évènements, indépendants les uns des autres, qui la compose se réalise. Cela impose de livrer, au hasard sombre et obscur, une rude bataille. Rencontrer la bonne personne au bon moment, voilà la meilleure façon d'être aidé par le hasard. Le hasard, souvent, c'est simplement la volonté des autres. Nous pouvons, nous aussi, si nous le voulons, créer pour les autres des hasards merveilleux. Il suffit de les aider en fonction de nos capacités et de nos moyens. |
L'image que l'on se fait de soi-même est purement intellectuelle. Elle est plus qu'un sentiment, c'est une véritable croyance construite depuis l'enfance. Elle est différente de la perception simple. On ne se voit pas à la manière d'un tableau ou comme un objet quelconque. Notre image est l'idée que l'on a de la représentation de notre existence et de nos actes. Si l'on demande à une personne de se décrire, elle présente son identité (elle fournit son état civil) et fait sa description physique (elle donne son signalement). C'est deux caractéristiques fondamentales d'une personne font qu'elle est reconnue comme telle, sans confusion avec une autre. L'image que l'on a de nous-mêmes, nous emmure pour la vie, si l'on ne fait que se représenter plutôt que de se comprendre. Devant le miroir, chacun se fait une certaine idée de son aspect et de son allure. En fait, on garde une mémoire excessive de ses avantages ou de ses travers. Ce qui explique la vanité, la présomption, aussi bien que la timidité et la modestie. Mais il suffit d'une humiliation ou d'un éloge inattendu pour changer bien des choses. |
Les êtres vivants recherchent naturellement le plaisir et fuient la douleur. Pour être heureux, l'homme a besoin de moment de plaisir. Ses effets représentent à eux seuls, la preuve de sa nécessité. On suit donc sa raison en se donnant au plaisir. Malheureusement, comme pour toute chose, la frontière entre les bénéfices et les inconvénients est fixée par la quantité. L'excès de plaisir ne va pas sans douleurs physiques ou morales. C'est pourquoi l'Ataraxie préconise le contrôle conscient de son désir. Cela consiste à garder sa liberté d'esprit, à maîtriser sa volonté et à éviter l'illusion d’un bonheur artificiel. Le plaisir modéré et varié est une source d'épanouissement pour l'individu. On fait les choses sagement si on les fait avec plaisir. Cependant, le plaisir le plus délicat consiste à faire celui d'autrui. |
L'impertinence est un signe évident de liberté. Elle est une réponse, un "pied de nez" à l'autorité. Elle comporte ses risques, n'est pas irrévérencieux qui veut. Elle doit s'exercer qu'envers le pouvoir. Contre un égal ou un ami, c'est de l'irrespect. L'insolence est le métier des chansonniers, caricaturistes et imitateurs politiques. Ils se moquent sans jamais être méchants, grossiers ou choquants, c'est tout un art. Ils sont le contrepoids de la société face à l'arrogance des politiques. Face aux géants, le petit effronté est bien sympathique. Le meilleur des pamphlets est un aiguillon bien affûté et très précis. Il peut faire vaciller la pire des tyrannies. L'impertinent de génie manipule les mots avec l'habileté et l'impudence des ouvriers qui utilisent chaque jour des explosifs. Les puissants ont peur des mots qui se consument comme une traînée de poudre. Ils vont de cœur en cœur secouer la torpeur des humbles. Partout se répandent le goût, l'odeur, la vision du bonheur. La violence ne peut rien contre l'esprit plus léger que l'air. Le mot, c'est le Verbe et le Verbe c'est l'action. À l'origine d'un grand nombre de bouleversements politiques et de révolutions se trouve l'impertinence. L'impertinence est le sel de la liberté. |
Être responsable de ses actes, c'est en accepter les conséquences bonnes ou mauvaises. La responsabilité est une des conditions de la liberté, car je ne puis être libre si je ne suis pas responsable. Répondre de toute action qui dépend de nous, de l'éviter ou de la réaliser, même si on l'a ni voulu, ni accompli, est le plus sûr moyen de cultiver sa conscience, seule juge infaillible du bien et du mal. Se justifier est une assurance contre l'erreur ou l'égarement qui menace celui qui n'étant jamais contrôlé, finit par croire que tout est permis et autorisé. Il ne s'agit pas de censure ou de contrainte, mais de permettre de prendre la pleine mesure de la portée de ses actes. Rendre compte assure au décideur une meilleure maîtrise de son action. Responsable de ce qu'il fait, il ne craint aucune sanction. Il peut répondre à toutes les critiques. L'Ataraxie s'épanouit pleinement dans une morale qui se veut humaine et dont les valeurs fondamentales sont celles de l'engagement et de la responsabilité. |
L'hypothétique est au réel ce que le probable est au certain. L'hypothèse est une vérité possible, mais non encore prouvée. Elle est l'hommage que l'idée rend aux faits. Les faits ont toujours raison. Ils ne peuvent être ni contredits, ni ignorés, ni transformés, ni interprétés. Un esprit inventif assure un fréquent va-et-vient entre les idées et les faits. Il se heurte aux fausses orientations et sélectionne par élimination la bonne hypothèse, celle que ne peut plus démentir la réalité. La capacité de pouvoir construire de solides hypothèses est un moyen d'évaluer l'intelligence pratique d'une personne. |
Lorsque je parle, autrui ne peut me comprendre que par une force qui ne vient pas de moi mais qui agit en lui d'une manière autonome. Mon discours n'est pas ce que j’exprime, mais ce qu'il entend et ce qu'il en retient. |
On tient d'autant moins à soi qu'on ne tient qu'à soi. La solitude sociale est ce qui peut arriver de pire. Rien n'égale en longueur les journées où l'on se sent seul. La vie solitaire et silencieuse engendre la lassitude, l'ennui, et, en fin de compte, l'oubli de soi-même. La solitude est à l'esprit ce que la diète est au corps : mortelle lorsqu'elle est trop longue. On ne vit pas que de pain, on a aussi besoin de reconnaissance pour entretenir son être social. Démoralisé, livré à soi-même, on remorque avec peine ses jours, l'on va partout bâillant sa vie et l'on meurt d'avoir trop longtemps langui. La société est directement responsable de l'épanouissement de l'être social du citoyen. On a tous, sans exception, droit à une identité sociale et culturelle. Le chômage, la pauvreté, l'isolement et toutes les formes d’exclusion sont les fruits d'une société injuste. Il n'y a rien à espérer d'un monde qui refuse de nous donner une place. La seule solution consiste à s'en faire une, envers et contre tout, à coup d'audace et avec l'aide de ses amis. "Je marcherai pour toi, tu y verras pour moi". Dit, l'aveugle au paralytique. Avoir une vie affective, intellectuelle et sociale heureuse est un but légitime, conseillé par l’Ataraxie. |
La providence cruellement blessée par la façon indigne dont les hommes la traitent et la blâment perpétuellement de tout ce que leur propre méchanceté leur attire, et ceci, alors même qu'elle fait de son mieux pour les mettre en garde, punit les insensés en les laissant se débrouiller seuls. Les vrais hommes de progrès sont ceux qui tâchent de former leurs projets de façon que leurs réussites soient assurées. Avec de la prudence, on peut faire toute espèce d'imprudence et arriver à ses fins. La providence vient en aide, non à celui qui frappe fort ou souvent, mais à celui qui frappe juste et bien. |
L'échec est le point de départ du sentiment de culpabilité. Lorsque l'on va d'échec en échec, on commence par en être marqué profondément puis on finit par croire que là est notre destin. En fait, on confond faute et échec. La faute est toujours morale. Nous sommes responsables du bien et du mal que nous faisons. Par contre, l'échec est purement matériel. Il représente simplement l'écart négatif entre la fin désirée et celle obtenue. Il marque la limite de notre réussite. Chez un individu sain, il doit être le tremplin qui repousse toujours plus loin sa capacité d'action. L'échec est un commencement et non une fin. Il ne faut jamais renoncer et toujours recommencer autant de fois que nécessaire. Lorsqu'il est sublimé, l'échec devient l’acquis de ce qu’il faut éviter pour obtenir la victoire et le succès. |
Le désir donne à la vie affective son sens. Il suscite les sentiments et les passions. Il est la base de l’existence. Toutefois, il laisse souvent un goût d'insatisfaction, car on désire toujours plus. Vouloir satisfaire tous ses désirs ou bien prendre ses désirs pour la réalité entraîne fatalement à une perte de tout recul envers ce qui est possible. On devient l'esclave de ses pulsions. Seul, le désir qui subit le contrôle de la réflexion et qui se fait acte volontaire peut procurer un plaisir sain et utile, source d'enrichissement pour la personnalité. |
Le sort polycolore, Traite en technicolor, Le fracas multicolore, Du désir. |
Le lucide a foi en l'avenir. Il est ouvert aux valeurs universelles d'humanité. Il pense qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, que la quête de la connaissance est utile, que le monde peut être maîtrisé et qu'il peut concourir à son progrès. Il fait partie des individus qui savent par delà les tabous et les préjugés. Il est une individualité consciente et libre, une force d'influence, un centre de rayonnement et de ralliement. Il possède l'élan créateur de la vie. Il est capable de contrôler ses émotions et ses désirs. Il canalise ses pulsions et ses élans. Ses idées sincères, solides et rigoureuses reposent sur l'expérience et la connaissance. Il pèse le pour et le contre avant toute prise de décision. Il se méfie des convenances et des traditions sociales qui détournent de l'authenticité et de la spontanéité. Il est à la fois celui qui pense, qui agit et qui s'engage. Sa vie approche de la bienheureuse Ataraxie. |
La foule est la réunion d'un grand nombre de personnes de façon inorganisée. Elle est capable de réactions imprévisibles et incontrôlables. Cela va de la panique à l'enthousiasme. C'est une vague sans visage. Chaque goutte qui la compose n'est plus discernable. Piétinants et piétinés sont confondus en un seul regard, un seul cri de haine ou d'idolâtrie. Une personne prise au milieu d'une foule peut avoir un comportement totalement étranger à sa véritable nature. L'effet de groupe donne le sentiment d'avoir une force irrésistible et invulnérable. Le groupe nous transforme. Il fait de nous un autre individu. Le comportement d'une foule est mû par une mentalité qui est facilement influencée par des rumeurs. Il est préférable, dans la mesure du possible, d'éviter de se laisser entraîner. La rumeur est la reine des foules, quand la raison veut la combattre, la raison est, inévitablement, condamnée à mort. |
En chacun de nous, il existe une zone d'ombre, de pulsions, de désirs refoulés. Une crise de colère est un instant de folie. La folie correspond à un déséquilibre entre la personnalité et les attentes de la société. C'est une fuite devant ses responsabilités. Elle représente un comportement socialement inadapté. Seule, une prise de conscience lucide, des conséquences négatives de ses actes, permet d'endiguer l'apparition des troubles. Cette connaissance débouche sur une façon de vivre fondé sur la compréhension de nos faiblesses. Qui vit sans un peu de folie n'est pas aussi sage qu'il le croit ! |
Le monde moderne forme des spécialistes ayant reçu une instruction purement technique. Ce qui ne représente pas une vraie éducation. L'éducation est bien plus que cela, elle est le moyen de diriger un enfant vers l'âge adulte en lui donnant des bases intellectuelles et morales. Une "tête bien faite" doit être aussi une "tête bien pleine". Pour concilier le bonheur privé de l'individu avec les obligations de la vie sociale, tout en conservant une morale humaniste, seule une éducation générale et pratique peut former des citoyens aptes à affronter les changements incessants du monde. Il faut connaître un peu de tout, car il est bien plus utile de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose et si peu du reste. |
La compassion est une attitude à la fois physique et morale, car elle impose de ne jamais nuire à autrui, ni par la violence, ni par le jugement. Bien plus que la sympathie, la compassion est la source de bonnes relations entre les gens. Seule, la compassion permet d’aimer sans juger. L'expérience la plus troublante de la compassion est celle où l'on croise le regard d'un homme découragé et affligé. Rien n'est plus respectable qu'une personne écrasée par le mépris et l’indifférence du destin. |
Certaines personnes font l'unanimité autour d'elles. Par leur comportement, elles constituent un exemple historique, politique, culturel ou moral. Si elles se retirent du monde et s'en détachent, elles sont considérées comme "saintes". Si, par goût du risque, elles accomplissent une action exceptionnelle, elles sont des "héros". Si elles se contentent d'une vie simple et sereine avec une activité créatrice et féconde, elles sont "sages". L'auréole de "héros" ou de "saints" est lourde à porter. Peu d'entre nous, sont faits pour une vie si contraignante. Par contre, pour jouir de ce bonheur qu'on cherche tant, la sagesse vaut mieux que l'héroïsme, l'estime et l'admiration que la sainteté et les douceurs de la reconnaissance que le bruit de la renommée. |
L'Ataraxie n'est pas seulement quelque chose qui se pense, elle se réalise. Elle se veut à la fois un savoir de la vérité et une pratique de la morale. En effet, la formation du savoir exige la participation affective de celui qui réfléchit, en accumulant des connaissances, il façonne sa conscience. Le sujet n'est pas neutre, il retient et voit que ce qui l'intéresse. Il entend et comprend que ce qu'il veut, bien entendre et comprendre. La quête de la vérité est une démarche morale, elle dépend de l'état d'esprit du quêteur. C'est pour cela que l'Ataraxie privilégie le vécu à la doctrine, l’expérience à la théorie. Les conséquences d'une action sont tout de suite visibles contrairement à une idéologie ou un système philosophique. L'acte implique directement l'acteur. Toute conduite humaine, qui permet une action utile et efficace, pour plus de bonheur, est forcément morale. |
Ceux qui dénoncent la routine et la monotonie accusent la vie qui les porte. Ils s'ennuient, car ils sont incapables de sentir les nuances des êtres et celles des instants. Ce sont des hommes de surface, insensibles à l'intériorité des choses. Ils poursuivent "les grands plaisirs", car ils se révèlent impuissants à saisir "les petites joies". Contraints à l'excès, ils sollicitent "la défonce", "le grand frisson". Graines de héros peut-être, mais surtout de morts et de suicidés. Ne parvenant pas à surmonter leurs ennuis, ils veulent "se dépasser", comme on dépasse, afin de ne pas la voir, la personne qu'on ne peut supporter. |
Les jeunes prisonniers de leur âge boivent pour défier l'ennui, La vitesse au hasard d'un virage souffle une vie. |
La conscience humaine est le fruit d'une synthèse. Elle est le sentiment que chacun a de son existence et de ses actes. Le problème est qu'elle est fragile. Une maladie, du surmenage, une mauvaise alimentation, du chagrin, le stress, peuvent entraîner une faiblesse psychologique. La fatigue physique et morale s'installe. Insomnie, maux de tête, irritabilité, difficulté de concentration, perturbent sérieusement le quotidien. La mélancolie, tristesse sans cause visible, apparaît. Elle engendre une baisse de l'activité et une perturbation affective, qui est la conséquence, non d’un manque d'intelligence ou à d’une absence de développement intellectuel, mais d’une perte. La perte du désir. Il en résulte un affaiblissement du pouvoir de la conscience, un état d'abattement et d'inaction. On se sent vide et épuisé. On tombe du haut de son espoir. On est en désespoir, on doute de tout. Le pire est la perte de la confiance en soi. On n'est alors plus qu'une "passion inutile". Un être sans but est sans volonté. Il existe, heureusement, une issue au désespoir et au réveil de la conscience : la cure de repos. Une bonne hygiène de vie constitue la meilleure façon de retrouver l'énergie nécessaire pour regarder la réalité en face et lutter contre le retour de la déprime. Et, si on ne peut pas éviter totalement de vivre des moments sombres et mélancoliques, on peut toujours se consoler en pensant que l'éclat des jours fastes et heureux est décuplé par le pitoyable aspect des jours maussades et malheureux. |
La docilité ne fait pas partie de l'esprit de l'Ataraxie. Si l'on ne veut pas tomber dans la médiocrité, il faut lever la tête, ne pas avoir peur du monde de l'argent, du pouvoir et des importants. Ceux dont nous dépendons ne nous voient pas. Pour eux, nous sommes trop petits, trop insignifiants. C'est à nous de leur montrer qu'on existe. Ils nous doivent le respect, au même titre qu'on le doit à ceux qui ont besoin de nous. La soumission est l'école de la lâcheté. Ce choix de vie ne peut aboutir que sur un échec, un sentiment amer d'inquiétude, de peur. Nous sommes ainsi faits, que seule la liberté peut nous rendre heureux. La fierté est le privilège de ceux qui sont dignes. Cela ne se prouve pas, mais s'éprouve et se vit gaiement et hardiment. Les humbles font la vie trop belle aux puissants. Ce qu'ils appellent "bon esprit" ; c'est l'esprit de résignation, de renonciation, de soumission et de servitude. |
La recherche des causes d'un événement est naturelle. On pense que rien n'arrive sans une raison connue. Or, ceci n'est pas toujours vrai. On peut confondre cause et intention. C'est-à-dire, "ce par quoi" un événement se produit, de "en vue de quoi" un événement se produit. Pour éviter ce piège, il ne faut pas rechercher "pourquoi" un événement arrive, mais "comment" un événement arrive. L'événement n'a ni "mémoire", ni "cœur". Il se réalise à cause de quelque chose, jamais pour satisfaire quelque chose. L'événement n'éprouve pas de sentiment. Il n'y a pas toujours une volonté aux causes. Avec l'aide du temps, le hasard et les accidents font beaucoup pour rendre les choses inexplicables et incompréhensibles. |
Il est faux de prétendre que l'égalité est une loi de la nature. La nature n'a rien fait d'égal. Le problème de l'égalité se pose uniquement dans les sociétés humaines. C'est une question, d'ordre moral, qui porte sur la répartition des richesses entre les individus. La propriété des biens matériels se transmet par héritage. Ainsi, au fil des générations, il peut y avoir cumul de richesse. Certains individus, privilégiés par leur droit, possèdent un patrimoine leur assurant une vie facile, sans le moindre mérite. D'autres, n'ayant pas cet avantage, doivent, dès la naissance, perdre la plupart de leur temps à lutter pour leur subsistance. Cette inégalité de droit est-elle morale ? La répartition est morale lorsque chacun reçoit une part proportionnelle à son mérite. Or, il y a inégalité de situation, il y a donc inégalité de répartition. Les persévérants, les rapides, les paresseux, les lents, les adroits, les étourdis, ne peuvent pas recevoir la même part. Mais, rien n'assure que l'enfant d'un méritant le soit, là est le problème ! Toujours est-il qu'il existe une égalité de tous les citoyens devant la loi. Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. Tout homme, quels que soient son pays et sa condition sociale, a un même droit vital au respect, à la dignité et au bonheur. |
La connaissance du passé est utile si on lui donne un sens. L'histoire des grands et de rois ne sert à personne. Seules, les anecdotes qui décrivent avec exactitude les mœurs et les caractères d'une époque donnée permettent de nous éclairer sur la vie quotidienne des gens du passé. L'étude de leurs coutumes et habitudes est capitale pour mieux les connaître. Il semblerait que l'homme soit confronté de tout temps aux même éternels problèmes, seul l'environnement change. Du temps des pharaons, on a retrouvé des traces écrites du confit des générations. Déjà, les pères se plaignaient de l'ingratitude des fils. Au moyen âge, on trouve des riches et des pauvres. Au temps de Napoléon, certains sont beaux, d'autres laids, ou bien forts, ou bien faibles, etc. Sans oublier les scènes de ménage qui existent depuis que les hommes et les femmes se marient. Le seul réconfort que nous apporte l'étude de l'histoire est la découverte du lien universel qui nous unit tous. La vie s'épanouit et se scinde en individus, comme un arbre dont les feuilles sont fatalement condamnées à périr chaque saison. Mais dont le tronc se développe dans un destin bien au-delà d'elles. L'hérédité, au même titre que l'éducation, représente une part importante de la personnalité. Elle est le lien historique entre les générations. Tant qu’il y aura des hommes, il y aura des disputes et des réconciliations. |
Dans les démocraties occidentales, l'autorité s'exerce au nom du peuple qui délègue son pouvoir aux gouvernants par le suffrage universel. Une fois élu, l'homme politique pratique librement son pouvoir. C'est la porte ouverte à l'intérêt individuel. Tous les abus sont possibles : infidélité aux promesses électorales, amoralité de l'action, vol des biens sociaux, arbitraire d'un seul groupe, pouvoir de l'argent, clientélisme. Tant qu’il ne sera pas possible pour les électeurs de donner directement leurs avis sur les projets, cela peut durer indéfiniment. Normalement, le peuple fait la loi, le gouvernement l'applique, le peuple mène la politique, le gouvernement l'exécute. Le gouvernement est un service national, chaque citoyen a l'obligation et le devoir d'y participer. La politique n'est pas un métier ou une vocation, c'est une charge civique un devoir citoyen. Cela vaut pour la gestion de la plus petite des communes comme pour l'Élysée. Si un peuple a les dirigeants qu'il mérite, quand mériterons-nous de ne plus en avoir ? |
La méthode de réflexion pratique ou réflexion concrète consiste, selon l'Ataraxie, à "se connaître soi-même". Une personnalité se forme graduellement avec le temps. Il n'est jamais trop tard pour apprendre à se connaître et pour changer ce qui ne nous plaît pas. Tout comportement comprend deux conditions que l'on peut analyser. Le plus simple consiste d’abord à examiner comment nous décidons et agissons. La seconde analyse, plus ardue, demande de procéder à la recherche des causes qui nous incitent à agir. La méthode de réflexion pratique débouche sur la compréhension de nos faiblesses et de nos qualités. Cette quête est le résultat d'un travail continu. Elle soulève avec lenteur le voile qui recouvre la concavité de notre comportement pour pénétrer les méandres sinueux de notre caractère et de notre conscience tourmentée. |
Un dogmatique est une personne qui oriente son action en fonction d'une théorie, sans tenir compte de la réalité pratique et sans égard pour les conséquences de ses actes. Il a tendance à affirmer sans discussion, et ceci, même en l'absence de connaissances certaines. Sa mentalité se trouve sous la dénomination des préjugés. Son esprit refuse ce qu'il ne comprend pas ou ce qu'il ne veut pas comprendre par peur de se remettre en question. Sa morale rigide l'oblige à endurcir son comportement. Il se réfugie dans un monde fait de solitude. Sa doctrine fondée sur l'autorité du dogme ne peut aboutir qu'à l'intolérance et au fanatisme. |
L'attitude individualiste consiste à placer le bonheur égoïste avant tout et au mépris de tout engagement politique. C'est une erreur, on ne peut pas être heureux dans une société qui ne remplit pas sa fonction, assurer la cohésion sociale par la solidarité. Par son engagement en politique, le citoyen est le mieux à même de prévenir et d'éviter la dérive ultra libérale ou ultra dirigiste. Il peut imposer que la constitution soit fondée sur la solidarité. En contrepartie, le citoyen renonce à un comportement individualiste et indifférent. Il développe une conscience sociale, et civique. Il accepte et respecte les nécessités, parfois contraignantes, de la vie collective. Chacun définit sa vie comme l'action d'une liberté au milieu d'autres libertés. |
La liberté se définit passivement comme l'absence de contrainte et activement comme la possibilité de choisir et d'agir sans entrave. La liberté commence par la maîtrise de son corps. L'homme malade et asservi ne peut pas vivre libre ; il est prisonnier de sa maladie. À un stade supérieur, la liberté consiste à choisir ses principes, sa morale, son éthique. Elle est une volonté active. On sait ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas. On prend parti pour ou contre les choix de société. Au stade le plus élevé, la liberté est une attitude. On construit sa personnalité et on mène sa vie au lieu de la subir comme un destin aveugle. Du point de vue social, la liberté est le droit pour le citoyen d'organiser sa vie privée comme il l'entend. Les principales libertés individuelles inaliénables sont : la liberté de circuler, de choisir son domicile (inviolabilité du domicile et de la correspondance), de témoigner son opinion, de faire de la politique, de choisir ses amis, de penser ce que l'on veut, de croire ce que l’on veut. La liberté se trouve dans notre volonté, la volonté d'être soi-même, autonome. "Je veux être libre !" Est une formule qui signifie : "Je veux me faire moi-même ce que je serai !" |
Le droit, exprimé par la Loi de la société, s'oppose à la liberté individuelle. D'une façon générale, le droit représente la force et la violence organisée à l'avantage d'un petit groupe d'individus. Il constitue une intrusion qui tend à décourager ou même abolir les relations humaines fondées sur la nature, les tendances et les aspirations des coutumes et des traditions. On est passé de "la liberté" d'exiger d'autrui, "au devoir" qui désigne ce qu’autrui peut exiger de nous. On n’a pas voulu faire qu'il soit "forcé" d'accepter la justice et l'amour, on a choisi de faire qu'il est "juste" d'obéir à la force et à la violence. Le petit groupe d'individus qui incarne l'État accapare toutes les libertés qui légitimement appartiennent aux citoyens. Le droit du plus fort est "forcément" le meilleur. |
L'émotion n'est pas un comportement, c'est une réaction. La colère, la peur, l'enthousiasme, l'anxiété, le coup de foudre en amour ne sont pas les causes, mais les conséquences de nos émotions. L'émotion prend naissance à l'intérieur, elle représente un trouble ou une rupture de l'équilibre. Elle révèle une intention inconsciente. Difficile à dissimuler, elle s'exprime parfois de façon violente et indésirable. En règle générale, il existe deux types d'émotions : le choc émotionnel et l’émotion sentimentale. Le choc émotionnel est caractérisé par la rougeur du visage, la chair de poule, le tremblement des membres, le claquement des dents. Il est malaisé à contrôler, car il est souvent inattendu. Par contre, l'émotion sentimentale qui est caractérisée par le rire et les pleurs est beaucoup plus aisée à maîtriser. Les causes de notre comportement émotionnel sont d'origine inconsciente, complexe et mystérieuse. Nous ne sommes pas responsables de notre émotion. L'observation et la connaissance de nos réactions émotionnelles peuvent nous être utiles. Par l'expérience, nos sens nous renseignent sur la quantité et la qualité de l'agréable ou du pénible produit. On recherchera naturellement la situation qui fait du bien et on évitera celle qui engendre douleur et peine. La connaissance des conséquences de notre tempérament permet une maîtrise consciente et volontaire de notre comportement, en vue de vivre une relation sociale harmonieuse. |
L'intuition est une révélation. Elle est la saisie immédiate, instantanée d'une nouvelle idée. Sans démonstration, d'un coup, tout devient limpide, évident, compréhensible. C'est en ce sens que l'on peut parler de la nature "divinatrice" de l'intuition. Nous pouvons connaître par intuition ce qui demeure inaccessible à la raison. Elle permet d'avoir un accès au monde de l'irrationnel et des sentiments. L'intuition est la forme la plus fine d'intelligence. Elle assure une rapide compréhension, base d'une imagination créatrice. Un esprit est d'autant plus créateur qu'il peut inventer facilement. Une bonne intuition est utile dans la vie quotidienne. Elle nous fait gagner du temps et nous préserve du ridicule. C'est déplaisant de vivre une situation ou d'être avec des gens que l'on ne comprend pas. Rien de tel que de pouvoir analyser les individus d’un seul coup d’œil. |
Il ne faut pas confondre l'intelligence avec la mémoire. Savoir par cœur n'est pas comprendre. C'est tenir ce que l'on a appris en garde à sa mémoire. L'intelligence n'est pas liée à la puissance passionnelle d'un individu ou à la force de sa volonté. L'intelligence est la faculté de comprendre, l'aptitude à s'adapter rapidement à une situation nouvelle, à saisir les rapports entre les choses ou les événements. De la simple imitation à la pure abstraction, en passant par le sens pratique, il y a diverse façon d'être intelligent. Le milieu de vie, surtout par sa richesse artistique, joue un rôle primordial, mais pas aussi important que le facteur affectif, pour le développement intellectuel d'un enfant. L'affectivité est la source énergétique de l'intelligence. Chacun peut accroître son intelligence en se cultivant, en apprenant à raisonner, à juger et à développer son esprit critique. |
Pour l'Ataraxie, la sagesse n'est pas un but, elle est plutôt un moyen d'action. Le sage est celui qui vit en harmonie avec les autres. Sa vie constitue un modèle, car il expérimente lui-même sa doctrine. Prétendre que l'amour est le but ultime, impose de tout faire pour créer un climat propice à son apparition, sans attendre que les autres commencent. La sagesse est le plus haut degré de la lucidité, elle représente la maîtrise des problèmes d'autrui et la compréhension de leurs besoins. Le sage, en s'opposant à la passion autant qu'à l'indifférence, favorise, par son exemple, la formation de relations sociales harmonieuses qui sont la base solide d'une société saine où règnent la liberté, la compassion, la justice, la solidarité. |
Si on est convaincu, à tort ou à raison, qu’un désir est inconciliable avec la morale, on le réprime. C'est un moyen de se protéger contre l'angoisse et la peur du jugement des autres. Ignoré par la conscience, le sentiment de culpabilité exerce une pression continue et incontrôlable. Enfoui dans les méandres de l’inconscient, "l’inavouable désir", se manifester d'une façon déguisée et extraordinaire. C'est ainsi que se forment les rêves, les actes manqués, les névroses, les psychoses. Ce sont les signes du "retour du refoulé". Le conflit entre l'inconscient (ce qui est caché) et le conscient (ce qui est autorisé) provoque un ensemble de troubles marqués, d'une manière générale, par l'impossibilité de s'exprimer librement et de se réaliser. On peut se libérer de l'oppression de nos émotions refoulées en provoquant leur retour à la conscience. L'analyse de l'inconscient, en retrouvant les raisons profondes de notre conduite, nous délivre de la partie de nous-mêmes qui nous dirige à notre insu. La découverte de ce que nous sommes réellement et de ce que nous faisons machinalement, la révélation des raisons profondes de nos agissements et de nos sentiments, non seulement nous libère de nos complexes et de nos troubles psychologiques, mais transforme nos réactions automatiques et débordantes de préjugés en conduite libre et rationnelle, fruit d'une personnalité maîtresse d'elle-même. Enfin, on peut vivre sans censure, libre dans sa pensée, sa conscience morale, autant que dans ses actes. On se sent beaucoup plus léger et serein pour se réaliser entièrement. |
C'est le fanatisme qui conduit aux guerres de religion et aux guerres idéologiques. Sa méthode est d'ignorer l'autre, de ne point le considérer comme un être humain. Le fanatisme se rencontre chez tous les peuples et dans toutes idéologies ou organisations politiques. L'humanité compte deux pour cent de fanatiques. Il représente un comportement inversement proportionnel à l'intelligence, au savoir et à la culture du sujet atteint. L'ignorant est toujours prêt à s'admirer et prompt à haïr. Toute méchanceté vient de la bêtise. La bêtise est l'ornement de la pensée absolue, elle donne aux regards cette folle limpidité que rien ne peut troubler. Le plus cruel des fauves éprouve de la pitié, malheureusement le fanatique n'est pas un animal, c'est un homme incapable de se contrôler. |
La première forme de fidélité est la fidélité à son amour-propre et à ses convictions. Être constant, remplir ses engagements et accomplir ses promesses est l'unique façon de vivre honnêtement envers soi-même. Renier sa parole, son serment, c'est se renier. Par contre, la fidélité à une personne est d'ordre sentimental. L'amitié impose d'être loyal pour le meilleur et pour le pire. Cela n'est pas toujours facile à respecter. Il peut y avoir une contraction entre, être fidèle à quelqu'un et à ses convictions personnelles. On ne peut pas demander à un autre d'assumer une action immorale. De même, nul ne peut nous imposer un tel engagement au nom de l'amitié. La fidélité à soi-même et à ses propres valeurs passe avant. Doit-on aider un ami devenu assassin et poursuivi par la justice ? |
Les exigences de la vie en société représentent souvent un frein à la réalisation du bonheur individuel. La soumission à l'intérêt général est une servitude. Les réalités sociales s'opposent à l'épanouissement de la personnalité. Elle développe la morale du devoir à accomplir et prêche le culte de l'effort désintéressé. Or, de toute évidence, l'altruisme n'est pas une tendance naturelle. Seule, une obligation de solidarité imposée par la Loi peut rendre harmonieuse une société composée d'égoïsme antagoniste. L'Ataraxie concilie l'aspiration légitime du citoyen au bonheur privé, avec les besoins nécessaires de la vie sociale. Chacun doit œuvrer pour une meilleure "coopération citoyenne". |
On concrétise son désir d'éternité dans une oeuvre artistique, culturelle, politique ou historique. L’œuvre constitue l'unique façon de se perpétuer, d'exister au-delà de soi. L'individu, après sa disparition, continue de vivre par son oeuvre. C'est la seule réaction possible face au néant et à la mort inconcevable. On ne peut rien penser de la mort. Tant qu'on est là, elle n'est pas et lorsqu'elle advient, on n'est plus là. Il reste donc à vivre pleinement la vie présente et à œuvrer pour l'éternité. Au-delà du présent, l'action efficace continue d'agir longtemps. Le genre de mort, pas plus que le genre de vie, ne peut être considéré comme punition ou récompense. Le jugement dernier qui fait vivre éternellement les modèles et qui enterre dans le trou de l'oubli ceux qui n'ont rien fait de leur vie, se nomme la renommée. La mémoire des autres est l'au-delà de notre esprit, et de notre destinée. |
Il faut se méfier de ce que l'on ressent. Il est imprudent de projeter au-dehors nos sensations internes. Après avoir couru, on a chaud, même s'il fait froid. Il ne faut pas obéir aveuglément à une simple impression. Il est préférable d'avoir recours à un instrument de mesure reconnu par tous. Un simple thermomètre met tout le monde d'accord sur la vraie température extérieure. L'observation d'un phénomène n'est jamais passive. Nous ne remarquons que les choses en accord avec nos dispositions mentales et nos connaissances. Nous avons naturellement un point de vue subjectif. C'est pourquoi même une simple mesure doit se faire avec un instrument scientifique. Les appareils de mesure (convenablement utilisés) transmettent directement la réalité. Ils sont neutres, universellement valables et sûrs. Connaître la réalité indépendamment de nos sensations et de notre point de vue particulier est la seule et unique façon d'être vraiment impartial et objectif. |
Le mobile est la cause réelle d'une action. C'est la force qui pousse à agir. Souvent, il est inavouable, car immoral, alors on invente un motif pour se justifier. Par exemple, pour un homme politique, le pouvoir est le mobile de son action, mais il invoque toujours le dévouement à la collectivité comme motif. Il prétend vouloir servir l'État alors qu'en réalité il dirige l'État pour profiter des avantages que cela procure. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Le mobile repose sur un besoin, un désir, un intérêt alors que le motif est d'ordre relationnel : il rassure. Seule, l'action morale peut avoir pour base un mobile désintéressé. Lorsque l'on agit en respectant la Loi que l'on a choisie librement, alors le mobile et le motif sont confondus en une seule intention : faire au mieux de ses possibilités. |
La personnalité est un équilibre entre les tendances instinctives, le désir individuel et la conscience sociale. C'est le lieu d'une médiation. Cela signifie que le nombre de vérités que nous pouvons découvrir dépend de l'ouverture, de la formation et de la richesse de notre personnalité. Il existe deux types opposés d'individus : les introvertis, silencieux, réfléchis, trouvant la vérité en eux-mêmes. Ils sont plutôt sensibles au spectacle des choses. Leur intelligence s'intéresse au mouvement, au sens et aux idées. Les extravertis, bavards et ouverts, trouvent la vérité dans l'expérience du monde. Ils recherchent le contact des autres et en sont marqués de façon durable. Leur intelligence s'intéresse au paraître, à ce qui présente une différence, une trace d'originalité, un modèle. La différence qui existe entre introvertis et extravertis est au fond celle qui apparaît entre littéraires et scientifiques. |
L'opinion se fonde sur un sentiment vague que l'on a de la réalité. Il existe différents degrés d'opinion, selon qu'on exprime un jugement probable, une possibilité ou une vérité. Le probable et le possible ont un caractère flou. Là où il n'y a pas de science certaine, tous les avis se valent. Personne ne peut prétendre imposer sa doctrine et sa façon de percevoir les choses. En matière de jugement ou en politique, par exemple. Par contre, une vérité est un savoir sûr, fondé sur la raison. À la limite, ce n'est pas une opinion, mais une certitude. Quoi qu'il en soit, le respect de l’opinion d’autrui est une obligation. Pour l’Ataraxie, c’est une valeur essentielle. Il ne peut pas y avoir de liberté sans tolérance. |
La croyance au progrès est un mythe. Notre époque n'a pas plus de valeur que les époques antérieures. Le monde moderne n'est pas supérieur à celui des anciens. Il existe seulement un progrès des sciences et des techniques qui ne change en rien la nature humaine. Du point de vue individuel, il n'y a pas de progrès. Chaque homme qui naît doit apprendre à contrôler ses passions et admettre la raison. Chacun réalise seul son progrès personnel d'amélioration de sa nature. Il y a et il y aura toujours des timides, des nerveux, des violents, des grincheux, des rancuniers, des angoissés etc…L'histoire de l'humanité n'aboutit pas à l'amélioration des individus. On ne constate pas de progrès historique dans le pouvoir de l'homme sur lui-même. Chaque homme qui vient à la vie parcoure seul son chemin vers le bien et il en sera toujours ainsi. |
La raison a une tendance naturelle à classer, mettre en ordre, hiérarchiser les valeurs. Autant le faire de façon harmonieuse et progressive. L'Ataraxie place en premier le respect de ce qui est bon, puis le respect de ce qui est noble et enfin le respect de ce qui est beau. Ainsi, on est sûr, tout en étant juste, de ne rien manquer ou oublier. |
La colère est une réaction de fuite devant ses responsabilités. Bien que l'on ait tort, on ne supporte pas l'idée d'avoir tort. La colère constitue une entrave, un frein à l'épanouissement de la personnalité et crée des difficultés d'adaptation sociale. Maîtriser son comportement extérieur est possible si on applique les principes de l'Ataraxie. Une attitude trop rigide est absurde. Il n'y a qu'une certitude absolue, c'est qu'il n'y a rien d'absolu. Tout est relatif et adaptable. Si on respecte les trois moments de la quête : observation, constatation, vérification, on diminue considérablement les possibilités de commettre de graves erreurs. On construit un savoir certain et contrôlable. Une pensée rigoureuse est une source évidente de satisfaction, de bien-être et de sérénité. On n'explique pas un homme en colère, on le comprend. On peut tous comprendre la relation de la soi-disant vexation subie à la colère. Devant un homme en colère, il faut garder son calme. C'est le meilleur service que l'on peut lui rendre. |
La paix intérieure, c'est-à-dire l'absence de pulsions violentes et de tendances agressives, favorise la paix avec les autres. Chez un individu, cette paix ne peut résulter que de l'équilibre entre besoins biologiques, besoin de reconnaissance sociale et raison. Au niveau d'une nation, l'économie satisfait les besoins vitaux, l'armée incarne la liberté et l'indépendance, le pouvoir politique le centre des décisions. Si l'équilibre intérieur est rompu, soit par un pouvoir politique corrompu, soit par une trop grande misère, soit par une armée trop puissante, il y a un danger de guerre avec l'étranger. La tension interne risque d'être détournée vers un "bouc émissaire" : l'étranger. L'état de paix sociale à l'intérieur des nations est le plus sûr garant de la paix mondiale. La paix entre les hommes sera véritablement perpétuelle, le jour où il existera une constitution politique parfaite, réglant de façon juste et équitable les relations des individus dans les États et les relations des États entre eux. L'union juridique, sociale et civique des hommes fera de chacun un citoyen heureux. |
La politesse est le signe extérieur du respect. Elle inspire la sympathie et calme les violents. Un homme poli donne au moins l'apparence de la gentillesse, de la délicatesse et de la courtoisie ; ce qui contribue à créer un climat serein et détendu. La politesse fait paraître l'homme au dehors comme il devrait être intérieurement. |
Nous sommes une Individualité consciente et libre. La notion d'Individualité se distingue nettement de la simple notion anonyme de personne et de la notion numérique d'individu. On ne peut pas non plus la réduire à l'hérédité, le milieu social, l'intelligence ou au caractère. Elle est tout ça à la fois. Elle s'élabore et se transforme lentement sous l'influence de la maturation biologique et des expériences personnelles vécues. Elle apparaît comme la force qui détermine l'adaptation originale de l'individu à son entourage. Elle ne s'analyse pas, elle se réalise par la réussite dans la vie. L’Individualité véritable d'un homme ne se manifeste pas au moment de la crise d'originalité propre aux adolescents. L’originalité reste alors tout à fait superficielle (d'ordre vestimentaire par exemple), mais, au moment où l'homme affirme sa personnalité dans les relations humaines et se réalise dans l'action politique, culturelle ou artistique. L’Individualité désigne l’être unique, rare et exceptionnel que nous sommes. |
La pauvreté n'est pas un si grand malheur si on contrôle ses désirs et ses besoins. La conquête des richesses matérielles est la religion de ceux qui vivent une carence affective. Ils sont plus à plaindre qu'à envier. Pour compenser, ils thésaurisent, accumulent, accaparent. En vain, car on est aimé pour soi-même et jamais pour ce que l'on possède. Insatisfaits chroniques, ils vivent leur solitude comme une punition et n'ont pas d'autres alternatives que les faux-semblants, l'hypocrisie et le superficiel. La vraie richesse coûte peu, car elle est offerte. Le respect, l'amitié, la solidarité, l'amour sont les cadeaux du cœur. La fortune consiste moins dans le bien que l'on a que dans celui que l'on fait. Ce n’est pas en possédant ou en dominant le monde qu’on s’y sent libre. |
Il existe une méthode simple et infaillible pour permettre à chacun, pour peu qu'il le désire, de parvenir à la connaissance de la vérité. D'abord, il faut être certain de ne rien oublier. Pour cela, il suffit de dénombrer toutes les difficultés rencontrées. Ensuite, il faut diviser chaque problème examiné en autant d'évidences vraies qu'il est nécessaire. Puis, il faut surmonter par ordre tous les obstacles, en commençant par les plus simples pour franchir peu à peu les plus compliqués. Enfin, il reste à faire la synthèse des solutions trouvées, en réunissant les différentes parties dont on est sûr en un ensemble complexe tout aussi vrai. |
Exprimer ses émotions est indispensable à l'équilibre psychologique. Nouer des contacts avec les autres est un mouvement par lequel notre être se manifeste en dehors. Sortir de soi développe nos quatre facultés fondamentales : la sensibilité (qui est le pouvoir de sentir), l'intelligence (qui est le pouvoir de comprendre), l'activité (qui est le pouvoir d'agir), l'affectivité (qui est le pouvoir d'aimer). Exister, c'est s'arracher à l'état de témoin passif pour devenir le maître de son existence. Une fois jeté dans le monde, on est condamné à y être libre. Il est impossible de refuser cette liberté, car elle est la base de notre destin. Contraint au libre engagement, on doit donner à sa vie un but. Ce qui est la source d'angoisse et de tourments. Comment savoir que l'on va dans le bon sens ? Livré à soi-même pour construire son avenir, seul le recours à l'autre est un secours, une aide. Faire des projets communs, s'unir, partager, permet d'éviter l'errance psychologique, douloureuse et inutile. |
La plupart de nos connaissances sont le résultat de la fusion entre l'ensemble de l'acquis constitué tout au long de notre vie par l'expérience et l'apport créateur de l'esprit sous forme d'idées. Les sens appréhendent et la raison met en ordre. Il en va de même sur le plan relationnel. La raison s'appuie sur l'expérience pour s'adapter à l'autre. On applique communément cette méthode pour faire de la politique ou des affaires. On appelle cela avoir un comportement pragmatique. L'Ataraxie se veut une morale pratique. Elle revendique haut et fort l'utilisation de l'expérience mise en ordre par la raison. Elle pense que celui qui se sert de son expérience de la nature humaine, en vue d'obtenir un savoir-faire, une habileté, capable d'engendrer des relations sociales harmonieuses, est plus qu’un sage. Quelles que soient la situation et les circonstances particulières, il peut toujours s'adapter et "inventer" une conduite morale irréprochable. De chaque échec ou réussite, il tire un enseignement apte à donner une extension nouvelle à la connaissance parfaite de soi, et par conséquent des autres, car on porte tous en nous la forme entière et éternelle de l'humaine condition. |
Comment reconnaître la vérité du mensonge ? C'est simple, la vérité illumine, libère l'individu, elle entraîne naturellement l'adhésion. D'un coup, on est sûr et certain, comme l'enfant qui apprend à marcher, soudain il se libère et tient seul debout. La vérité est la morale de celui qui ne trompe jamais, qui connaît la complexité des choses. La vérité, c'est "être authentique", ne pas mentir à soi-même et aux autres. Chacun vit sa vérité qu'il croit la meilleure. Malheur à qui vit dans l'illusion. La course à la carrière, à la célébrité, à l’argent, au pouvoir, à la puissance, peut conduire à l'oubli de soi-même. Ne plus être soi est le mensonge suprême. |
Le prix de la vérité, Se paye en mensonges révélés. |
Au moment de choisir parmi tous les possibles, le pire ennemi reste la peur. Dans notre époque morose, tout le monde a peur. Peur de ne pas trouver de travail ou de perdre le sien, peur d'attraper une maladie, peur de s'engager, peur de passer à côté de la vie, peur d'aimer trop, trop peu, mal ou pas du tout. Bref ! la peur paralyse, elle représente un frein à l'épanouissement de l'individu. Heureusement, il existe une possibilité : compter sur sa propre volonté. "Qui a la volonté de réussir ira où sa volonté le conduira !" Avec de la patience et avec l'art de prendre des détours sans risque, on parvient à ses fins. La volonté est une activité réfléchie et consciente qui impose de faire régulièrement le point de la situation, de procéder à l'évaluation de ses moyens d'opération, puis de prendre une décision et enfin de passer à l'action. Il faut savoir qu'il existe deux sortes de volonté. La volonté sociale ou devoir social, c'est elle qui nous sort du lit le matin pour aller travailler. La volonté individuelle ou désir d'entreprendre, elle nous laisse seul face à notre promesse. On constate qu'il est plus facile de partir travailler que de tenir sa promesse de cesser de fumer. La volonté sociale étant une exigence, elle est beaucoup plus efficace pour nous obliger. Confortée par cette constatation, l'Ataraxie recommande de se servir de sa volonté sociale pour réaliser un devoir qu'on veut s'imposer. On peut décider d'arrêter de fumer pour éviter d'intoxiquer son entourage. Ainsi, au moment du choix, il est important de posséder l'intention, la volonté et la détermination de réussir. |
Il faut considérer comme vrai tout ce qui réussit à augmenter la quantité de bonheur. Ce qui peut apporter le plus grand bien-être est le principe suprême de toute action. Notre plus grand et glorieux chef-d’œuvre c'est d'être utile. |
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